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Stalle, abri, pré et box : le guide de l’hébergement du cheval

Temps de lecture : 11 minutes

Offrir un hébergement à son cheval n’est pas toujours chose aisée. En effet, comment concilier ses besoins de mobilité, de contacts sociaux, de stimulations sensorielles et les contraintes de soins, d’entretien et de travail qui incombent à tout propriétaire ? À moins de disposer de moyens financiers importants et d’un emploi du temps très libre, l’habitat proposé est souvent le résultat de compromis plus ou moins bien vécus par le principal intéressé : le cheval. Comment choisir le box de son cheval ? Quels sont les conseils pour trouver la bonne pension ? Faut-il mettre en son cheval en demi-pension ? Quels sont les secrets d’un non abri pour cheval ou d’un bon box pour ses chevaux ? Et surtout, que pense l’éthologie des stalles, box, paddocks…

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Hébergement du cheval : La stalle

En stalle, le cheval est à l’attache, face contre mur et il est séparé de ses congénères par un panneau de bois fixe ou un bat-flanc. Traditionnellement, on estime que la largeur de la stalle mesure 1,75 m et la longueur 3 m. Entre chaque cheval, la communication est possible directement ou à travers une grille. Face à lui, le cheval dispose d’une mangeoire et d’un abreuvoir. L’attache est souvent assurée par une longe nouée dans un anneau ou, encore mieux, terminée par un billot afin de permettre au cheval de lever et de baisser sa tête à volonté.

Ce style d’hébergement rustique est encore utilisé dans certains centres équestres pour les chevaux d’instruction ou dans des écuries de chevaux de travail. En effet, il ne peut être supporté sans dommage par le cheval que si ce dernier dispose, en dehors de l’attache, d’une grande possibilité de mouvements. “Enchaîner” son cheval face au mur plus de huit heures consécutives ne serait pas sans conséquences.

Certains propriétaires de clubs préfèrent ce type d’hébergement, car il permet aux chevaux de ne pas s’auto-contaminer (comme le font les chevaux en box qui mangent leurs crottins). 11 est aussi économique (moins de paille que le box) et facilite grandement le travail des palefreniers. Reste qu’il est très impressionnant pour les cavaliers débutants qui abordent un cheval qui leur tourne le dos !

L’aspect éthologique des stalles pour chevaux

Sur le plan des contacts sociaux, contrairement aux apparences, la stalle permet plus de possibilités d’échanges et de stimulations sensorielles que certains box fermés. En revanche, les besoins de mouvement de l’animal sont nettement limités si le travail n’est pas quotidien (à raison de plusieurs sorties par jour). L’étroitesse de la stalle ne permet pas non plus au cheval de se rouler. Ce type d’hébergement suppose donc une grande attention du propriétaire.

Le box pour cheval

C’est l’hébergement le plus courant dans nos contrées (celui des clubs hippiques), même si les types de box sont aussi nombreux que variés. En bois, en ciment, ils peuvent en effet s’aligner en intérieur sur une seule rangée, être en vis-à-vis, construits autour d’un manège, en extérieur avec vue sur la nature, disposer de grilles de communication ou même d’un auvent pour mettre le cavalier à l’abri des intempéries.

Toutefois, quel que soit le type, ils disposent tous plus ou moins de 9 à 12 m2 de surface habitable, avec un plafond à 2,80 m ou 3,40 m de hauteur pour offrir au cheval un volume d’air de 40 m3 (un minimum pour permettre l’évacuation des émanations d’ammoniac de la litière, si le box ne donne pas directement sur l’extérieur). Idéalement, il faut prévoir une ouverture sur l’extérieur (verre, plexiglas ou tôles translucides au plafond) afin d’apporter de la lumière.

En box, le cheval est nourri 3 fois par jour; l’abreuvoir distribue généralement de l’eau à volonté (ils sont souvent automatiques) et les crottins sont retirés tous les jours. Le nettoyage complet du box se fait 1 fois par semaine.

Si le cheval peut tout faire dans son box (manger, boire, se mouvoir et même s’allonger), il est indispensable de prévoir une activité quotidienne: une heure de travail par jour ou une simple sortie, et quelques périodes de mise au pré ou au paddock dans la semaine, sans oublier une mise au pré une fois par an en été. En plus de l’ennui, c’est l’isolement qui menace le cheval au box. Pour pallier cet inconvénient, certains clubs aménagent un mur bas mitoyen entre les box ou, mieux, installent une grille de communication afin d’éviter les querelles. Une ouverture directement sur l’extérieur permet de satisfaire les besoins de curiosité des chevaux.

L’aspect éthologique des box pour chevaux

De trop nombreux box offrent peu de possibilités de contacts sociaux, limitent le champ de vision du cheval et réduisent ses mouvements. Cela peut modifier la structuration des espaces du cheval qui vit en permanence au box et le conduire à développer un fort instinct territorial (d’où une certaine agressivité envers celui qui pénètre son territoire – cheval ou cavalier). L’absence de stimulations sensorielles variées conduit souvent à un état de dépression qui fait apparaître des tics de comportement (tic à l’ours, tic à l’appui, etc.). C’est pourquoi il est recommandé de permettre aux chevaux en box de suivre la vie du club en offrant une ouverture directement sur le va-et-vient des cavaliers et visiteurs.

Hébergement du cheval : Le box avec paddock

Ce type d’hébergement combine à la fois le confort du box et le plaisir de la pâture. Il consiste à aménager, sur un côté du box, un enclos suffisamment grand pour que le cheval dispose d’une piste de galop. Le paddock adjacent au box peut être commun à un seul box, à plusieurs box en même temps, dans le cadre d’un centre équestre, ou à tous les box à tour de rôle. On peut aussi aménager une clôture électrique amovible afin de séparer les chevaux sur le paddock lorsqu’il est commun à plusieurs box. En fait, les possibilités sont multiples.

Le paddock n’est pas une pâture. Cette surface est souvent recouverte de sable et n’a pour fonction que de permettre au cheval une mobilité plus grande que celle offerte par le box.

Le box avec paddock est actuellement considéré comme l’hébergement le mieux adapté aux chevaux de sport, qui sont encore trop souvent confinés dans leurs box en dehors de leurs séances de travail. Pas ou peu de stress de confinement, contacts sociaux réguliers et intenses, aération maximale, bonne luminosité, stimulations sensorielles multiples… Les avantages pour le cheval sont nombreux. Mais tout cela a un prix…le plus élevé de tous les modes actuels d’hébergement !

L’aspect éthologique du paddock

Quand l’accès à l’enclos d’exercice est libre, ce mode d’hébergement diversifie le quotidien du cheval. En outre, les chevaux peuvent se voir et se sentir. Toutefois, l’absence de pénétration d’un cheval dans un enclos qui n’est pas le sien ne permet pas aux chevaux d’établir des liens sociaux très forts (par exemple, par le toilettage mutuel), si bien que l’angoisse de la séparation guette certains sujets plus fragiles psychologiquement.

En outre, l’enclos d’exercice ne doit pas dispenser le cavalier d’offrir à son cheval une véritable séance de travail, de mobilité et de diversité de stimulations sensorielles.

Le pré et l’abri du cheval

Le pré et un abri : c’est le type d’hébergement que les propriétaires rêvent de donner à leur cheval. Il permet à la fois de satisfaire les besoins naturels de déplacements du cheval et de minimiser les contraintes du propriétaire.

Sous nos climats tempérés, ce type d’hébergement est possible tout au long de l’année pour la plupart des chevaux en bonne santé. Toutefois, il est généralement réservé aux groupes de chevaux : soit dans des élevages, soit dans un centre équestre, soit lorsqu’un cavalier est propriétaire de plusieurs chevaux. En effet, il n’est pas recommandé de mettre en pâture tout au long de l’année un cheval seul, car il y déprimerait très vite.

Idéalement, la pâture ne doit pas être trop éloignée d’une zone habitée afin de pouvoir y exercer une surveillance régulière et ne pas engendrer une contrainte trop importante pour une visite quotidienne. On estime généralement qu’il faut 1 ha par cheval. Ce rapport peut être moins important si les chevaux ne doivent pas se nourrir exclusivement de l’herbe qui pousse naturellement sur la pâture.

L’abri est indispensable. On prendra soin de l’édifier sur un endroit sec et à l’abri du vent dominant. Il peut être situé sous des arbres si une précaution a été prise en cas d’orage (paratonnerre). L’accès à l’abri doit être libre avec de préférence une ouverture située à l’est, côté soleil levant, pour permettre au cheval de profiter du soleil d’été le matin et de l’ombre l’après-midi.

Si la pâture ne dispose pas d’un ruisseau avec un accès sécurisé à l’eau, un abreuvoir sera disposé à l’intérieur de l’abri, isolé des saletés.

En pâture, l’accent doit être mis sur la sécurité. C’est pourquoi il faut inspecter régulièrement le terrain, le débarrasser de tout danger potentiel (objet tranchant, toxique, trou non rebouché, racines saillantes, etc.), le nettoyer des plantes toxiques et veiller à l’enrichir en engrais ou, au contraire, le traiter en fonction de ses faiblesses.

La mise en pâture de plusieurs chevaux nécessite quelques précautions à commencer par déferrer les chevaux aux postérieurs et par harmoniser les tempéraments. Parfois, afin de s’assurer de l’entente, il convient d’installer un paddock provisoire (à l’aide d’une clôture électrique) à l’intérieur de la pâture pour introduire un nouvel arrivant.

L’aspect éthologique de l’abri et du pré

La pâture, ou stabulation libre, est le mode d’habitat qui correspond le plus aux besoins éthologiques des chevaux. Ils profitent ainsi d’une vie sociale active, de déplacements, de stimulations diverses.

Toutefois, si les besoins de contacts et de hiérarchie sont satisfaits, ils peuvent nuire aux chevaux les plus faibles (dominés par le groupe dans son entier ou par un seul individu) et au travail. En effet, en “semi-liberté”, les affinités (souvent par paires) se développent, si bien que la séparation de l’un des membres du groupe peut engendrer des problèmes de comportement (appel du cheval resté dans la pâture, manque de concentration au travail de celui qui est sorti). C’est pourquoi il convient de prendre l’habitude de retirer chaque individu du groupe régulièrement et fréquemment.

Pour en savoir plus : les hébergements pour chevaux 

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