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Sports équestres

Le boom de l’équitation en Chine

Temps de lecture : 5 minutes

Depuis sa mise à l’honneur par les jeux Olympiques de Pékin en 2008, l’équitation poursuit une croissance effrénée en Chine. Avec des cours jusqu’à dix fois plus chers que les prix pratiqués dans les centres équestres français, une pénurie de moniteurs qui nécessite le recrutement d’enseignants étrangers et une passion pour les courses hippiques qui gagne même les classes moyennes, la Chine est-elle le nouvel El Dorado du monde équestre ?

un cheval à Harbin en Chine sous la neige

La filière équine chinoise tente de rattraper son retard

A Chendu, un immense centre équestre a été construit il y a maintenant quelques années. Accueillant déjà plus de 600 inscrits, les installations impressionnantes de ce site ont cependant un prix conséquent : 115 euros pour seulement 45 minutes de cours particulier. Afin de répondre à cette demande, les propriétaires de club n’hésitent pas à faire appel à des moniteurs étrangers pour pouvoir former les futurs instructeurs chinois.

Etant passé de 100 clubs à 1400 en à peine une dizaine d’année, le pays a en effet un retard à rattraper en terme d’infrastructures équestres et de main d’œuvre chinoise adaptée aux différentes disciplines hippiques.

Une autre denrée indispensable manque cruellement à la Chine : les chevaux. Clé de voûte de la filière, les races présentes en Chine (ou dans les pays limitrophes) sont peu adaptées aux disciplines qui font vibrer les amateurs chinois, et ce de par leur morphologie, trop petite et trapue. Malgré une procédure d’importation encore très complexe, les chiffres eux ne trompent pas : avec seulement une centaine de chevaux importés de l’étranger en 2007, contre plus de 2000 en 2011 et jusqu’à 4000 en 2012, la Chine devient une cible de choix pour les éleveurs avisés.

Des milliardaires chinois prêts à miser sur le bon cheval

L’image du cheval ayant toujours été très chic, présent dans l’imaginaire de la noblesse pour la plupart des cultures, il était normal que cette pratique fasse des émules auprès des chinois les plus riches.

Le polo en est l’exemple parfait, sport dans lequel l’inscription dans les clubs les plus prestigieux avoisine les 50000 euros, et pour lesquels les propriétaires des structures les plus renommées n’hésitent- pas à faire venir chevaux et entraîneurs d’Argentine, pour des sommes astronomiques.

Des courses hippiques chinoises dans lesquelles la technologie détourne le jeu d’argent

Si de nombreux articles de presse mettent en avant les frasques équines des milliardaires chinois, l’engouement pour le cheval touche aussi la classe moyenne, comme le montre l’évolution grandissante des courses.

Les jeux d’argent sont en effet interdits en Chine, peu importe leur forme. C’est d’ailleurs ce qui a rendu célèbre la ville de Macao, seuleexception à cette censure totale. La course hippique ne fait pas exception, bien au contraire : ce sport à fait l’objet d’interdiction particulière lors de l’arrivée au pouvoir de Mao, car il était l’un des symboles de l’occupation étrangère du siècle dernier.

 Pour se faire, les organisateurs de courses en Chine ont dû rivaliser d’ingéniosité, en utilisant une application dédiée sur Smartphone pour supplanter l’aléa, caractéristique propre aux jeux de hasard. Les spectateurs chinois vont ainsi pouvoir sélectionner un cheval, comme dans tout pari classique, mais vont devoir secouer leur téléphone pour faire avancer leur cheval sur l’application. Cela permet de détourner en partie la dimension aléatoire propre au pari et de faire de l’activité un quasi jeu d’adresse…

Les gains sont donc bien différents des autres hippodromes à travers le monde. Ici le vainqueur se verra repartir avec un produit ménager ou d’autres commodités à faible valeur ajoutée. On peut en revanche y voir une opportunité importante : si les classes moyennes se passionnent pour les courses de chevaux sans l’opportunité d’un gain économique, cela laisse de beaux jours -aux sports équestres -.

L’enjeu économique du cheval pour la Chine et ses voisins

Sous les pas des chevaux et derrière l’émule des foules, se cache un véritable trésor économique. Ce sont plusieurs milliards que se partagent, depuis maintenant plusieurs décennies, les villes de Macao et Hongkong.

Mais d’autres acteurs souhaiteraient mettre la main sur ce pactole équin, comme l’illustre les allégations des autorités mongoles, qui avaient annoncé, il y a maintenant quelques années, vouloir organiser massivement des courses hippiques avec paris autorisés. Une opportunité pour ce pays d’attirer une grande partie de la population de Chine continentale, férue de jeux d’argent comme la plupart des chinois.

Il serait donc bien possible de voir, dans quelques années, les Chinois troquer leur téléphone pour des billets…

Pour en savoir plus : l’essor de l’équitation en chine 

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