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Sports équestres

La vénerie

Temps de lecture : 10 minutes

Le veneur a été, de tout temps, un cavalier. Aujourd’hui, beaucoup de cavaliers sont tentés de devenir veneur. Cette heureuse symbiose s’inscrit dans le développement de l’équitation d’extérieur, au sein de laquelle la vénerie s’est vue reconnaître son caractère spécifique par les instances officielles régissant le monde équestre. Elle représente une cavalerie de 6000 chevaux, 20000 chiens de meute, 800000 hectares de territoire forestier répartis sur une soixantaine de départements, pour 12000 journées de chasse par an.

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La vènerie : l’équipage de chasse à courre

Comme toute activité sportive, la chasse à courre a besoin de s’appuyer sur une structure spécifique: l’équipage.

Il en existe en France près de 150, dont les meutes sont “créancées” dans la voie du cerf, du chevreuil et du sanglier. Faisant porter notre analyse sur les équipages montés, nous n’évoquerons pas ici ceux qui chassent le renard, le lièvre ou même le lapin.

Un équipage est dirigé par un responsable: le maître d’équipage. Il est aidé de collaborateurs salariés : les piqueurs. Les “boutons” sont les associés du maître d’équipage. Ils pourvoient par leur cotisation au financement de l’association, ce qui est en fait équivalent de ce que sont les actionnaires d’une chasse à tir; équivalence renforcée par le fait qu’ils sont dans l’obligation d’être titulaires du permis de chasser. Le maître d’équipage et les boutons peuvent avoir des invités. Le caractère occasionnel de ces derniers ne les autorise pas à faire acte de chasse, mais seulement à suivre. Ils sont dispensés du permis.

Comme toute équipe sportive, chaque équipage a ses supporters; en vénerie, ils s’appellent “suiveurs”.

Toutes ces catégories confondues constituent un public de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui, de septembre à avril, sillonnent et animent nos forêts domaniales ou privées.

Vénerie : la journée de chasse à  courre

Cette journée, nous aurons le loisir de l’examiner plus en nuances en analysant ce qui différencie les “laisser-courre”, selon les animaux chassés. Nous nous bornerons ici à en énumérer les phases de manière que l’on perçoive la richesse de vénerie en même temps que la variété des sonneries. On notera à ce propos que la trompe de chasse, telle qu’elle est utilisée aujourd’hui, est apparue au XVIIe siècle et quelle se voit – chaque année – enrichie de nouvelles fanfares. L’instrument est pratiqué par plus de 3 000 personnes.

La journée du veneur commence dès l’aube par le travail du “valet de limier” qui s’en va “faire le bois” avec son chien, le “limier”, afin de repérer les animaux. Le “rapport” a lieu en fin de matinée à l’endroit du “rendez-vous”. Ceux qui ont fait le bois donnent le compte rendu de leur “quête” au maître d’équipage. Celui-ci décidera alors de se porter sur telle ou telle “brisée”. Les chiens seront “découplés” en vue “d’attaquer” ce qui sera l’unique animal chassé. Il s’agira d’abord d’un “rapprocher”, suivi du “lancer” puis commencera la chasse proprement dite.

Des fanfares en indiquent le déroulement: le bien-aller, la vue, les animaux de compagnie, le change, le défaut, le débucher, le changement de forêt, le relancer, le bat-l’eau, l’hallali courant, les abois s’il y a prise ou la retraite manquée si l’on reste bredouille.

Vènerie : la chasse au cerf

 

Quarante équipages sont créancés dans la voie du cerf et chassent en général deux fois par semaine. La loi met en demeure l’équipage de découpler au minimum 30 chiens par chasse, ce qui conduit les équipages à disposer d’au moins 50 chiens sui- vant l’importance accordée à l’élevage. Le type de chien le plus largement représenté dans les équipages de cerf est l’Anglo-Français tricolore. Un territoire de cerf doit comprendre une moyenne de 10000 à 15000 hectares. Pour respecter les exigences du plan de chasse auquel un équipage est soumis par l’administration de tutelle, il faut prendre deux fois sur trois. Ce taux élevé de prises est facilité par le “sentiment” laissé par la voie du cerf, qui est presque toujours constant, contrairement à celui du chevreuil ou du lièvre dont la courre s’avère plus délicate. Dans la vénerie du cerf, la quête du matin revêt la plus grande importance comme en témoigne le dicton: “Cerf bien attaqué, cerf pris.” Une fois attaqué, le cerf assure sa défense par l’usage de ruses qui lui sont propres et que l’on regroupera sous trois rubriques.

–   Le change : le cerf poursuivi cherche à se mêler à une harde, puis à livrer aux chiens un cerf plus jeune qu’il force à la course en le chargeant avec ses bois. Le cerf de change étant échauffé, l’animal d’attaque se dérobe et les chiens tombent alors “en défaut”.

–   L’eau: elle joue une place importante dans le système de défense du cerf. Comme le chevreuil, remontera volontiers le courant d’une rivière, car il sait que la voie va descendre et mettre les chiens en difficulté. Il est également fréquent de le voir se dissimuler dans les roseaux d’un étang ou d’aller s’y faire prendre, après plusieurs traversées à la nage.

–   Le forlonger: on entend par ce terme l’avance que peut prendre un cerf lorsque, profitant d’un défaut, il mise sur la rapidité de sa fuite pour augmenter la distance qui le sépare de la meute. Cette défense est en général le fait de vieux cerfs qui ont déjà été chassés.

En principe, si l’animal chassé maintient un train rapide, il sera assez facilement pris. Si, en revanche, il se règle sur le train de la meute et, en quelque sorte, “joue la montre”, les choses seront beaucoup plus aléatoires.

Vènerie : la chasse au chevreuil

Il existe en France 80 équipages de chevreuil. On découple environ une vingtaine de chiens par chasse, les plus utilisés étant les Poitevins ou les Français Blanc et Noir. Fe territoire de chasse peut se limiter à 5 000 hectares. Tout cela montre qu’il s’agit d’une vénerie beaucoup moins onéreuse que celle du cerf.

La vénerie du chevreuil reste, avec celle du lièvre, la plus délicate.

Très rusé, le chevreuil a aussi beaucoup de fond et se défend particulièrement bien dans le change. Sa voie, par nature légère, s’amenuise au fur et à mesure que la chasse se poursuit, jusqu’à devenir presque inexistante. Cette chasse va donc toujours en se compliquant. Au bout d’une demi- heure ou trois quarts d’heure, les ruses commencent et ne s’arrêteront plus. La double-voie est une ruse fréquente chez cet animal; il l’exécute, soit en faisant des allées et venues qui se terminent par un bond de côté, soit en se mettant sur le ventre et en laissant passer les chiens, soit en faisant une boucle pour se retrouver derrière la meute et remonter en prenant son compte.

Vènerie : la chasse au sanglier

 

Dénommés “vautraits”, les équipages de sanglier sont au nombre de trente. Pour bien chasser dans cette voie, il faut avoir une meute importante et pouvoir découpler au moins trente chiens à chaque fois. Les meutes de vautraits sont le plus fréquemment constituées d’Anglo-Français tricolores ou de Fox-Hounds.

Le caractère nomade du sanglier impose de chasser sur des territoires très étendus ou, mieux encore, sur plusieurs forêts, afin de diversifier les attaques. Un vautrait qui chasse deux fois par semaine pourra prendre une fois sur deux, mais connaîtra de nombreux “buissons creux” tant les “cochons” ont l’habitude de changer de cantonnement en l’espace de quelques heures. C’est pourquoi la principale défense du sanglier réside dans sa vitesse et son endurance. Il est indispensable de l’attaquer à la bauge et non fuyant. Pour prendre, les chiens doivent être “vites”. Les défauts sont d’autant plus rares que la voie est forte et tenace. Comme tous les animaux de vénerie, le sanglier peut “taper au change”. On doit alors se montrer très vigilant, car rien ne ressemble plus à une “bête de compagnie” qu’une autre. Il est fréquent qu’il faille cinq ou six heures pour le prendre.

La vénerie et le cheval de chasse à courre

Par les aptitudes de ses utilisateurs, l’importance de sa cavalerie et son caractère spécifique, la vénerie est une activité équestre à part entière. Elle répond, en plus, à un goût croissant pour l’équitation d’extérieur.

Il est nécessaire qu’un cheval de chasse soit “vite” et “tout-terrain”; qu’il ait de l’équilibre et qu’il soit à la fois calme et généreux. Il offrira ainsi la meilleure sécurité au veneur, qui doit pouvoir compter sur son cheval pendant les trois à cinq heures que dure une chasse. Il est possible de chasser avec n’importe quel cheval, du poney au Pur-Sang. Néanmoins les plus utilisés sont le Selle Français et le Trotteur. On veillera toutefois à ne se servir que de chevaux d’au moins cinq ans afin d’être sûr que leurs pieds, paturons et boulets soient assez solides.

A partir de là, on cherchera à obtenir d’un cheval de chasse qu’il ait des actions longues et régulières lui conférant ainsi de la puissance et de la légèreté. Il faut qu’il ait trois bonnes allures: le galop pour la futaie, le trot pour les cailloutis et, surtout, un très bon pas lui permettant de récupérer avec aisance. Par rapport au cheval, le veneur doit avoir le sens du terrain, de l’observation et de l’orientation. Il réglera les allures en sachant juger des possibilités de sa monture en fonction du parcours à fournir. Enfin, il devra être un parfait cavalier d’extérieur, en d’autres termes, un véritable homme de cheval. Si tel est le cas, il aura vite compris que ce qu’il lui faut, c’est une monture à la croupe longue et large, avec des jarrets bas et secs, un dos musclé, de la poitrine, de l’épaule, des membres forts et bien trempés ainsi qu’un garrot assez en arrière pour ne pas qu’il se blesse à la selle, enfin et surtout, une belle encolure bien sortie qui apporte de l’équilibre. Quand tout cela est réuni, il ne reste plus qu’à faire un chèque et partir à la chasse !

Pour en savoir plus : découvrir l’univers de la vénerie 

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